ABEL DOUALY AU RHDP : «Tout pouvoir gouverne d’abord pour son peuple et Trump le montre : ” redonner à l’Amérique sa grandeur d’antan!’’ ».


Les ivoiriens seraient devenus Xénophobes. Les ivoiriens n’aiment pas les étrangers, ivoirité par-ci, ivoirité par-là…Le journaliste Abel Doualy qui avait fait depuis plus de deux décennies les beaux jours du service politique du quotidien gouvernemental ‘’Fraternité Matin’’ prend position et assène ses vérités sur l’ivoirité, la xénophobie et l’orpaillage clandestin. « Pourquoi l’ivoirité n’est pas exclusion… tout autre instrumentalisation de la xénophobie ne saurait prospére… On se soucie des orpailleurs clandestins pendant qu’on licencie des Ivoiriens par vagues ».


« A moins de deux ans de la présidentielle d’octobre 2020, que voit-on poindre à l‘horizon de la part du régime en place ? La résurgence du débat sur la xénophobie et l’exclusion en Côte d’Ivoire ? N’est-on pas suffisamment sage et prudent pour éviter de remettre au goût du jour ces démons qui ont fait tant de mal à ce pays et aux Ivoiriens ?

Veut-on créer un faux débat autour de ces notions à des fins de propagandes électoralistes contre le Pdci-Rda et son président Henri Konan Bédié comme ce fut le cas en 1995 ? Mais disons-le tout net : ce sera peine perdue. Car, assurément, ce disque-là est totalement rayé. Et la mayonnaise ne saurait pendre cette fois-ci. Et pour cause :

Premièrement : le débat sur « l’ivoirité » avait pris de l’ampleur en 1995, sous le président Bédié, pour la simple raison que ceux qui en avaient fait un objet de discrimination et de stratification entre les Ivoiriens étaient tous des partisans nationaux et étrangers d’Alassane Ouattara. Ils voyaient derrière cette trouvaille du président de la République d’alors, Henri Konan Bédié, un moyen d’exclure de la course à la présidence de la République M. Ouattara dont la nationalité était au centre d’une polémique.

Pourquoi ivoirité n’est pas exclusion

Pourtant ce vocable « d’ivoirité » n’avait rien à voir avec l’exclusion. Du moins si l’on en croit le contexte de sa création et de sa première utilisation publique. Ecoutons Henri Konan Bédié à propos de l’ivoirité : « A travers l’unité de la nation et de ses conditions essentielles : l’impartialité de l’Etat, le rééquilibrage entre les régions, la régionalisation, la réalisation d’une société moins inégalitaire et plus solidaire, ce que nous poursuivons, c’est bien évidemment l’affirmation de notre personnalité culturelle, l’épanouissement de l’homme ivoirien dans ce qui fait sa spécificité, ce que l’on peut appeler son IVOIRITE ».

C’était dans le discours-programme du candidat Henri Konan Bédié lors de la première convention nationale du Pdci-Rda. Tenue les 25 et 26 août 1995 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro. Une cellule composée d’universitaires et dénommée « Cellule Universitaire de Recherche D’enseignement et de Diffusion des Idées et Actions Politiques du Président Henri Konan Bédié » (CURDIPHE) était chargée de faire la promotion de ce programme de gouvernement d’Henri Konan Bédié.


On gouverne d’abord pour son peuple et le président Trump le dit et le démontre : ‘’ ” Make America Great Again ! »


Ailleurs, on parlerait de « francité », « d’américanité » et j’en passe. Juste pour désigner les traits de caractère des Français et des Américains. Est-ce de la xénophobie ou de l’exclusion ? Y a-t-il un mal à s’autodéterminer dans ce monde où chaque pays a ses frontières, ses armoiries, son drapeau, son hymne national, ses habitudes, etc ?

” Make America Great Again ! » (redonner à l’Amérique sa grandeur d’antan) ? C’est sur la base de ce slogan à relent nationaliste, et que d’aucuns avaient qualifié de xénophobe et isolationniste, ” que l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, a été élu.

Malgré les jérémiades de certains, il poursuit sa politique dont le seul objectif est de redonner à son pays sa grandeur. On peut lui reprocher tout ce qu’on veut. Mais sa philosophie est qu’on « gouverne d’abord et avant tout pour le bien de son peuple. Le reste relève de la diplomatie du « donnant-donnant ». C’est-à-dire de la réciprocité.

Outre l’ivoirité, qui a été sortie de son contexte pour être brandie comme le chiffon rouge du buffle, ce discours-programme de M Bédié parlait également de la création du Sénat, celle du district autonome de Yamoussoukro, de la régionalisation, des Hauts-commissariats avec des missions précises ; la mise en place d’un rééquilibrage entre les régions, en particulier en faveur des régions des savanes, du centre et de l’ouest montagneux, etc.

Tout autre instrumentalisation de la xénophobie ne saurait prospérer

Bref, tous ces volets de ce discours-programme des 25 et 26 août 1995 à la première convention nationale du Pdci-Rda ont été noyés dans le débat hautement tendancieux sur l’ivoirité. Et la suite, on la connaît : c’est le coup d’Etat « stupide », selon Maurice Kakou Guikahué, du 24 décembre 1999 qui a tué dans l’œuf cette politique de « progrès pour tous et de bonheur pour chacun » initiée en son temps par le président Bédié et son Premier ministre d’alors : Daniel Kablan Duncan.

Depuis la crise militaro-politique de 2002, ce problème de nationalité d’Alassane Ouattara est réglé lors d’un sommet à Pretoria en Afrique du Sud. De sorte que tout autre instrumentalisation de la xénophobie, de l’exclusion, de l’ivoirité, ne saurait prospérer.

En témoignent les réactions massives et vigoureuses des Ivoiriens sur les réseaux sociaux et dans la presse contre la déclaration du porte-parole du gouvernement, samedi dernier, sur Rti 1. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est une autre voix qui se fait entendre, celle du porte-parole du Rhdp, Adjoumani Kouassi Kobénan.

Alors que l’on s’attendait à ce qu’ils apportent des réponses claires et rassurantes aux problèmes soulevés par le président Bédié, chiffres et preuves à l’appui, le ministre Adjoumani et le Rhdp ont opté pour leur jeu favori à savoir les menaces, les injures et l’intimidation.

Y a-t-il, oui ou non, des orpailleurs clandestins armés ?

Pourtant, les Ivoiriens veulent simplement savoir si, oui ou non, il y a dans les sites d’orpaillage clandestin des étrangers armés et prompts à ouvrir le feu sur le premier venu comme ce fut le triste sort de ce capitaine de la gendarmerie froidement abattu par des orpailleurs clandestins à Korhogo ? En outre, pourquoi la lutte contre ce phénomène d’orpaillage clandestin reste sans effet malgré tout le tapage qui est fait autour ? Autant d’interrogations et bien d’autres qui nécessitent des réponses rassurantes là où le gouvernement préfère s’adonner à la théorie du « chef qui a toujours raison et qui n’a rien à prouver ». Il suffit qu’il vocifère et menace pour que tout le monde range sa queue et se mette au pas.

Deuxièmement : l’instrumentalisation de l’exclusion par le pouvoir Ouattara ne peut plus émouvoir les Ivoiriens et les observateurs de la vie sociopolitique en Côte d’Ivoire pour avoir été désagréablement surpris par l’ampleur de cette politique d’exclusion telle que pratiquée ces dix dernières années. Surtout avec le « rattrapage ethnique » et la libération des « tabourets » par tous ceux qui ne s’affichent pas comme militants du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).


On se soucie des orpailleurs clandestins pendant qu’on licencie des Ivoiriens par vagues


Tout cela se fait en flagrante violation des articles 4 et 14 de la Constitution de la IIIème République qui stipulent respectivement : Article 4 : « Tous les Ivoiriens naissent et demeurent libres et égaux en droit. Nul ne peut être privilégié ou discriminé en raison de sa race, de son ethnie, de son clan, de sa tribu, de sa couleur de peau, de son sexe, de sa région, de son origine sociale, de sa religion ou croyance, de son opinion, de sa fortune, de sa différence de culture ou de langue, de sa situation sociale ou de son état physique ou mental ».

Article 14 : « Toute personne a le droit de choisir librement sa profession ou son emploi. L’accès aux emplois publics ou privés est égal à tous, en fonction des qualités et des compétences. Est interdite toute discrimination dans l’accès aux emplois ou dans leur exercice, fondée sur le sexe, l’ethnie ou les opinions politiques, religieuses ou philosophiques ».

A chacun d’examiner la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire à la lumière de ces deux articles de la constitution. L’on comprendra alors où se situent la discrimination et l’exclusion. Quel est, en effet, ce gouvernement qui se soucie plus du sort des étrangers au détriment de celui des nationaux qu’on licencie par vagues comme récemment au groupe de presse Fraternité Matin et dans bien d’autres structures ? Sans oublier toutes ces personnalités chassées de leurs fonctions parce qu’elles n’ont pas adhéré au Rhdp. Quel est ce gouvernement qui, alors qu’il protège des orpailleurs clandestins donc illégaux, détruit à la pelle, sous-prétexte d’assurer la salubrité, tous les biens des populations vulnérables qui n’avaient parfois que cela comme sources de revenus ? Et ce, sans aucune solution de rechange.

C’est plutôt aux anti-Ivoiriens de s’expliquer

Dans ce monde, chaque peuple ou Etat, en même temps qu’il s’ouvre aux autres, prend des précautions pour sa propre survie, pour la sauvegarde de son intégrité et celle des intérêts de ses citoyens. Quelle politique le régime en place mène-t-il quand les Ivoiriens, toutes origines et partis confondus, se plaignent de la vie chère, de la paupérisation galopante et du caractère non inclusif de la croissance pendant que lui, il cloue au pilori ceux qui, soucieux de la bonne marche de la société, s’efforcent de dénoncer les tares qui la minent et les risques d’insécurité qui la guettent ?

On pourrait se poser des questions à l’infini face aux paradoxes de ce pouvoir. C’est pourquoi ceux qui s’opposent à la défense des intérêts des Ivoiriens, prennent le risque de passer pour des anti-Ivoiriens. C’est-à-dire des personnes qui, pour des raisons qui leur sont propres et tout en se nourrissant à la mamelle de ce pays, privilégient les intérêts autres que ceux de l’ensemble des Ivoiriens. Ce sont ces anti-Ivoiriens qui devraient plutôt s’expliquer devant la nation sur les motivations profondes de leur agissement, de leur défense des étrangers tout en brimant leurs propres concitoyens.


Nul n’est contre les étrangers. Mais nul ne veut être spolié de ses biens…


Nul n’est contre les étrangers dont Houphouët-Boigny disait qu’ils sont des envoyés de Dieu. Mais nul n’est non plus pour que des étrangers, véreux et indélicats, le spolient de ses biens par la fraude et la violence. Cela relève, tout simplement, de l’instinct de conservation qu’a en lui chaque Etre sensé. D’où l’intérêt de ne jamais pousser à bout. C’est ce que veut éviter le président Bédié quand il tire la sonnette d’alarme qui met toute la République en émoi et en branle.

Là où une délégation devait se rendre chez lui pour le remercier de sa clairvoyance et son sens d’anticipation.   Une sorte de No Man’s Land où chacun se sert et agit comme bon lui semble. Le rôle d’un gouvernement, c’est, justement, de veiller à assurer la sécurité de tous. Et l’harmonie entre les habitants d’un même pays, mettant chacun devant ses droits et ses devoirs.

Le rôle d’un gouvernement n’est pas de s’attaquer à ceux qui font l’effort de dénoncer les tares de la société au risque parfois de leur vie. Car ceux qu’ils dénoncent ne sont pas toujours des saints. Ils sont souvent prompts aux représailles. Alors, attention aux faux procès et aux vaines querelles qui ne profitent qu’à ceux qui ne veulent jamais entendre dire la vérité parce qu’ils ont des choses à se reprocher.

ABEL DOUALY

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ABEL DOUALY AU RHDP : «Tout pouvoir gouverne d’abord pour son peuple et Trump le montre : ” redonner à l’Amérique sa grandeur d’antan!’’ ».

par Civnews. net temps de lecture: 9 min
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