BEDIE A ‘’LE MONDE.FR’’ : « C’est le PDCI qui désigne le candidat,on ne sollicite pas ; l’ivoirité ne prend plus en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens sont mûrs ».


En France depuis la première semaine de juillet, Henri Konan Bédié, ex chef de l’Etat ivoirien et président du PDCI-RDA a rencontré l’autre ivoirien, l’ex chef de l’Etat, Laurent Gbagbo ‘’acquitté sous condition’’ et résidant à Bruxelles. Si le sujet de la plateforme non idéologique que Henri Konan Bédié veut mettre en place n’a pas été abordé, le président du PDCI-RDA a fait le tour d’horizon des questions nationales avec l’autre ivoirien, tout aussi président du FPI, Laurent Gbagbo. Avant son retour en Abidjan, Henri Konan Bédié a un agenda chargé avec la presse européenne. Ce jeudi, il a ouvert le bal avec ‘’Le Monde.fr’’. Sans ambages, Henri Konan se dit toujours prêt pour le service, si son parti le souhaite.


A la question qu’est ce qui anime encore votre engagement politique, la réponse du premier responsable du PDCI-RDA, en bisbille avec son ancien allié du RDR devenu, entre temps RHDP, estime «que quand on est un homme politique, on ne s’appartient pas, on appartient à la communauté dont on gère la destinée. Je suis président du PDCI-RDA. Ce parti a survécu à toutes les épreuves et vit encore. Par conséquent, tant qu’il me reste les forces physiques et intellectuelles, je continue le travail ».  Il est vrai, Henri Konan Bédié est à la direction du PDCI-RDA et demeure un acteur de premier plan dans ce parti fondé par Félix Houphouet Boigny.


« Toute intention de militant doit être raisonnable et soumise aux instances dirigeantes du parti. C’est le PDCI qui désigne le candidat. Dans la tradition du PDCI, on ne sollicite pas, ce sont les militants qui le font. Le parti décidera entre octobre du premier semestre 2020 ».


Cela suffit-il à Henri Konan Bédié pour jouer les premiers rôles à la présidentielle de 2020 qui cristallise les passions dans le marigot ivoirien ? Là aussi, le Sphinx de Daoukro retrouve les sensations que procurent les joutes électorales, s’en remet à son parti : « toute intention de militant doit être raisonnable et soumise aux instances dirigeantes du parti. C’est le PDCI qui désigne le candidat. Dans la tradition du PDCI, on ne sollicite pas, ce sont les militants qui le font. Le parti décidera entre octobre du premier semestre 2020 ». Avant d’indiquer qu’il se plierait à la volonté du PDCI-RDA. « Si on me le demande, je suis un homme de service, un homme qui a suivi une tradition de don de soi, mais nous n’en sommes pas encore là », a-t-il précisé.

Quand on lui indique ses 86 ans, il a cette réponse « je suis un jeune parmi d’autres. En Afrique, il y a des présidents plus âgés que moi et si vous regardez à l’échelle du monde, ils sont encore plus nombreux. Le dirigeant de la Malaisie a plus de 90 ans. Tant que l’on a les ressources intellectuelles et physiques, je crois qu’il n’y a pas d’âge pour diriger un pays ».


A LIRE AUSSI: BRUXELLES : Bédié et Gbagbo parlent et se donnent la main d’association pour la consolidation de la paix sociale en Côte d’Ivoire.


Evoquant sa rencontre avec Laurent Gbagbo en Belgique et la forme actuelle du président du FPI, Henri Konan Bédié dit avoir « retrouvé en Laurent Gbagbo le combattant que j’ai toujours connu. Il est en bonne santé et je crois qu’il a encore des projets pour l’avenir ».

Quand le journaliste lui brandit les mots durs que les uns et les autres ont échangés par le passé au regard de leurs actuelles retrouvailles, Henri Konan Bédié est catégorique « Il faut bien que la vie se fasse.On ne peut pas toujours s’arc-bouter sur le passé ». Avant d’expliquer « j’étais au pouvoir et lui dans l’opposition, puis il a été au pouvoir pendant que j’étais en exil à Paris, nos échanges ne pouvaient donc pas être mielleux. Aujourd’hui, les choses ont changé, nous ne sommes plus au pouvoir et donc toutes les raisons sont réunies pour que, selon la tradition ivoirienne, nous échangions, sympathisions ».


« La Côte d’Ivoire subit une invasion massive, incontrôlée, de gens venus principalement des pays environnants. Le gouvernement ne fait rien pour arrêter cela. Ces problèmes dus à l’orpaillage sont répandus sur tout le territoire et bénéficient de complicités locales. A Ouagadougou, le président Ouattara a d’ailleurs reconnu jeudi que l’orpaillage est un vrai problème pour notre pays ». 


Par ailleurs et pour Henri Konan Bédié estime  « l’invasion massive de toute la Côte d’Ivoire par de soi-disant orpailleurs armés, la fraude massive sur la nationalité ivoirienne sur laquelle le gouvernement ne mène aucune enquête pour arrêter le phénomène, le refus de réformer la Commission électorale indépendante pour que celle-ci soit impartiale, autonome et disposant d’une police pour appliquer ses décisions » sont les problèmes les plus grave qui menacent le pays et qui méritent d’être traité en urgence avant 2020. Et d’ajouter que « la Côte d’Ivoire subit une invasion massive, incontrôlée, de gens venus principalement des pays environnants. Le gouvernement ne fait rien pour arrêter cela. Ces problèmes dus à l’orpaillage sont répandus sur tout le territoire et bénéficient de complicités locales. A Ouagadougou, le président Ouattara a d’ailleurs reconnu jeudi que l’orpaillage est un vrai problème pour notre pays ».


« En quoi l’ivoirité est-elle un démon ? Vous ne parlez pas de francité ? D’arabité ? D’american way of life ? Quel pays n’a pas d’identité ? »


Quand l’interviewer lui reproche des mots qui vont réveiller les vieux démons de l’ivoirité, le président du PDCI-RDA à cette réaction : « le mieux est déjà de se charger du démon actuel qui rôde autour des Ivoiriens. Pourquoi cette immigration massive, incontrôlée, armée, menacerait-elle la sécurité des Ivoiriens sans que l’on puisse rien dire ? En quoi l’ivoirité est-elle un démon ? Vous ne parlez pas de francité ? D’arabité ? D’american way of life ? Quel pays n’a pas d’identité ? Laissons là ce débat de mauvaise foi qui ne prospère plus. Pendant un temps, on s’est servi de notions émotionnelles en parlant de xénophobie, de haine des étrangers ». Avant de conclure : « Cela ne prend plus en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sont mûrs ».

Aristide YAHAULT

Civnews225redaction@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

BEDIE A ‘’LE MONDE.FR’’ : « C’est le PDCI qui désigne le candidat,on ne sollicite pas ; l’ivoirité ne prend plus en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens sont mûrs ».

par Civnews. net temps de lecture: 5 min
0