CI/MAIRIE D’ADJAME/ Fatôgôma SANOGO, DIRCAB: «Après Nangui Abrogoua, nous attaquerons le ‘’mirador’’, ‘’renault’’ et surtout la gare qui est tout sauf une gare routière»


Le Directeur de cabinet de la Mairie d’Adjamé, SANOGO Fatôgôma a, dans une interview accordée à  CIVNEWS.NET, présenté les motivations du déguerpissement du boulevard Nangui Abrogoua, les solutions prévues pour le recasement des commerçants.  D’assainir ‘’mirador’’, ‘’renault’’ et la gare routière qui est tout sauf une gare routière.  Interview.


CIVNEWS.NET: Pourquoi la mairie d’Adjamé a enfin décidé de faire déguerpir les commerçants du boulevard Nangui Abrogoua ?

M. SANOGO Fatôgôman, Directeur de cabinet de la mairie d’Adjamé: Le boulevard Nangui Abrogoua comme son nom l’indique, n’est pas un cadre pour exercer le commerce.  C’est au niveau d’Adjamé que la problématique du boulevard a toujours existé. Nous avons préparé longuement ce déguerpissement, parce que pour nous il n’était pas question d’utiliser le boulevard pour faire le commerce. Dès notre arrivée à la mairie d’Adjamé, nous avons pris le temps, je signale que ça fait 8 mois que nous sommes là, d’observer de tirer leçons de tous les échecs précédents, puis d’agir définitivement pour le déguerpissement du boulevard. Ce déguerpissement s’impose à nous. Ce boulevard qui est prévu pour le déplacement des riverains qui viennent des autres quartiers et communes environnants ne pouvait plus jouer son rôle.  Il fallait donc nettoyer le boulevard et c’est ce que nous avons fait, à la demande de la population et de beaucoup de commerçants. Ce que les gens ignorent, ce sont les commerçants, les premiers demandeurs de ce déguerpissement. Dans le fond ceux qui causaient le problème, ce ne sont pas les commerçants qui sont à jour des impôts et autres, c’est la petite vendeuse qui à son sachet et qui y met les aubergines pour les vendre ; c’est le petit vendeur ambulant …ce sont ceux-là qui engorgeaient le boulevard. Il fallait faire un choix pour permettre à ceux qui paient tout ce qui existe comme taxe de travailler effectivement. Voilà donc un peu les motivations pour lesquelles, monsieur le maire a fait ce déguerpissement.

CIVNEWS.NET : Croyez-vous que ce boulevard ne sera plus envahi ?

  • Pour nous, c’est un défi que nous comptons relever et nous sommes certains de pouvoir le relever.  Parce que nous avons précédé l’action de la réflexion. Je vous ai dit tantôt que nous avons pris 6 à 7 mois pour observer, pour analyser, pour réfléchir en équipe. Et pour nous, c’est moins le déguerpissement qui importe. Le défi, c’est le suivi. Comment pérenniser ces actions ? Dans ce sens-là, nous avons des solutions. Le Maire Soumahoro FARIKOU a prévu des solutions pour éviter que ces lieux soient recolonisés, soient revisités par les mêmes commerçants, donc nous sommes en train de regarder tous ces aspects.  Les sites déguerpis, seront utilisés pour des parkings, des magasins etc. dans un ordre bien précis.

CIVNEWS.NET : Quelles sont les solutions que vous avez prévues pour que ce boulevard ne soit plus recolonisé ?

  • Dans l’immédiat, il fallait recruter 350 jeunes qui seront de façons permanentes. Ces jeunes sont là uniquement pour le projet, c’est vrai qu’après ils seront utilisés pour la police municipale, pour la salubrité, la protection civile etc. Mais dans l’immédiat, sur trois mois, nous avons prévu être sur le boulevard, jour et nuit pour tenir ce défi.

Dans un premier temps et avec ces jeunes, il faut amener les commerçants à ne plus revenir, à ne même pas songer à recoloniser le site parce que la nature a horreur du vide. On a d’autres solutions pour occuper ces sites, il aura des parkings, il aura des jardins. Vous pouvez déjà visiter le carrefour de la grande mosquée, vous verrez déjà un jardin qui est en train de s’installer, c’est un des coins cruciaux au niveau du carrefour de la grande mosquée. Mais déjà avec ce que nous sommes en train d’y faire, empêche les commerçants de s’installer, à nouveau. En plus de nos solutions, la sensibilisation est un pan important que nous allons joindre à ce que nous avons cité plus haut, pour que cette action qui doit durer sur trois mois, j’insiste puisse être une réussite totalement.

CIVNEWS.NET : Il n’y a pas que le boulevard Nangui Abrogoua au niveau d’Adjamé, il y a aussi le ‘’mirador’’ et ‘’renault’’?

  • Vous savez que pour bien faire, il faut planifier et le Maire Soumahoro FARIKOU va avec la méthode. Dans un premier temps, nous allons nous focaliser sur le boulevard Nangui Abrogoua, mais je vous donne rendez-vous dans 2 ans et demi, vous verrez que tout Adjamé sera assaini. Il faut signaler que nous avons prévu des sites de recasement, les commerçants n’aiment pas trop ces sites. Il y a des sites à Bramakoté, il y a des marchés qui sont vides. Nous invitons les commerçants à s’installer sur les coins prévus pour le commerce. Comme tous les gares abusivement utilisées seront remises en ordre pour qu’Adjamé reste une vitrine, une belle commune qui accueille tous ceux qui viennent de l’intérieur.

CIVNEWS.NET : En dehors de Bramakoté comme site d’accueil, quels sont les autres sites ? Et que feriez-vous pour que ces sites d’accueil soient agréables et fréquentables et fréquentés ?

  • Effectivement, c’est une affairedevolonté politique. Il faut que tous les commerçants regagnent les sites dédiés à cet effet. Si tous les commerçants sont dans ces sites, le client sera obligé d’y aller. Mais à partir du moment où il y a un article au dehors, le jeu est faussé, donc on va prendre le temps de ramener tout le monde (les commerçants) sur les sites d’accueil. On a aussi le site de la RAN, c’est tout ce qui nous a pris les 6 mois. Parce que ça ne sert à rien de déguerpir, il y a l’aspect social. Le maire tient compte de cet aspect, parce qu’il faut intégrer le volet humain et le volet social dans tout ce qui est déguerpissement. Maintenant il y a toujours des gens qui ne voudront pas comprendre. Ils diront qu’il faut toujours rester sur le goudron, mais ceux qui voudront comprendre, on va échanger avec eux. Il y aura des prix pour tout le monde. Tous ces aspects sont pris en compte pour que tout le monde ait un site à sa portée et faire son business.

CIVNEWS.NET : Le déguerpissement intervient à une rentrée scolaire. Que deviennent ces bonnes dames, qui généralement n’ont que le commerce pour accompagner leurs enfants à l’école?

  • Moi, je dis qu’il faut faire la part des choses. Le déguerpissement ne signifie pas forcément la fin des activités. C’est quand on n’est pas ingénieux qu’on ne cherche même pas. Je vais citer Mme le ministre Anne OULOTO, lorsqu’elle mettait de l’ordre au niveau de la gare routière, elle disait comme ça « quand tu te nourris de quelque chose, tu auras toujours présent à l’esprit de trouver une autre solution ». C’est vrai que nous-mêmes, en tant qu’élus locaux, nous sommes amenés à trouver des solutions mais en même temps celui qui sait qu’il doit vendre des livres pour s’occuper de sa famille, doit trouver des solutions. Nous allons lui offrir ce qu’il faut comme commodité. En tout cas, la mairie est ouverte, on attend que les gens nous approchent pour qu’on propose ce qu’on a comme site de recasement. Je précise aussi que nous avons pris trois mois pour la sensibilisation. Le préfet d’Abidjan est venu nous rendre visite. Avec lui, nous avons travaillé sur l’aspect juridique il a emmené tous les documents parce qu’il fallait s’encadrer de tout ce qui est aspect juridique. Le déguerpissement s’est fait encadrer par un décret et nous faisons tout pour ne pas aller en dehors de ce que la loi permet.

CIVNEWS.NET : M. Le directeur de cabinet, en même temps que vous cherchez à résoudre un problème, vous êtes en train d’ouvrir une boîte. Je ne dirai pas une boîte de pandore, mais M. le Maire, dans une conférence de presse a décidé de rouvrir la voie exclusivement réservée à la SOTRA, à tous las automobilistes. Qu’en est-il véritablement ?

  • Je ne vais pas le dire ici, parce que c’est le patron. Ce que le maire a dit exactement à sa petite histoire. Vous savez que non seulement le budget de la mairie ne suffit pas, mais n’est pas mis à disposition. Ça c’est vrai pour toutes les mairies. Mais il y’avait diligence, on devrait travailler. Le maire a donc solliciter tous ceux que vous pouvez imaginer. Depuis la primature, les ministères de l’Intérieur, de la Salubrité…tout comme la SOTRA. Mais derrière, nous n’avons pas eu de réponses satisfaisantes surtout avec la SOTRA. Compreniez un maire qui s’est battu seul pour régler son problème, quand il voit les véhicules (bus de la SOTRA) passer tranquillement, il y a un petit pincement. C’est dans cet élan que le maire a dit qu’il serait prêt à prendre un arrêté municipal… Sinon de mémoire de directeur de cabinet, je n’ai pas vu passer un arrêté municipal. Il faut donc remettre le discours du maire dans son contexte.

CIVNEWS.NET : C’est un dépit amoureux ?

  • Tout à fait, je vois ça en termes de relancer la SOTRA, pour dire que rien n’est encore tard.  Les responsables de la SOTRA peuvent toujours venir nous soutenir parce qu’eux aussi gagnent. Avant cette opération, ils sont venus nous rencontrer pour nous dire qu’ils ont des bus émergents qui ne pourront arriver à Adjamé que s’il y a de l’ordre. Quand nous créons les conditions de cet ordre avec des fonds issus de prêts sans leur soutien, comprenez le maire.  Il serait bon que les responsables de la SOTRA revoient leur position. Je pense qu’aujourd’hui qu’ils sont dans cette dynamique. Le Maire l’a dit dans un esprit bien précis.

CIVNEWS.NET : C’est parce qu’il était un peu fâché sinon ce n’était pas sa volonté..?

  • Tout à fait ! Ce n’était pas sa volonté. Vous m’aviez bien compris. Pour tout vous dire, nous sommes même en train même de réécrire à la Primature, au Premier ministre, au ministère de l’Intérieur, la Salubrité et aussi à la SOTRA. Mais à la décharge de toutes ces institutions, sans tirer sur nos prédécesseurs, il y a eu des opérations de cette envergure qui ont été soutenues financièrement, matériellement par ces institutions qui n’ont pas eu des résultats. C’est normal que ces institutions soient un peu hésitantes, il faut les comprendre. Mais le Maire a posé les premiers pas, il a montré sa volonté donc nous attendons que les autres nous rejoignent pour que le boulevard mythique puisse devenir la vitrine d’Adjamé.

CIVNEWS.NET : En dehors du boulevard, de Renault et de mirador, est-ce que vous avez un projet contre l’insécurité de la gare routière ?

  • Il y a un grand projet pour la gare routière. Vous savez qu’il n’est pas stratégiquement conseillé d’ouvrir tous les fronts en même temps. La gare routière, je vous rassure, fait partir de nos priorités. Quand on va assainir l’aspect boulevard, l’aspect « commerce sauvage », on va revenir à la gare routière d’Adjamé.  Vous voyez qu’au double niveaux national et transport, il y a des décisions qui sont en train d’être arrêtés concernant « les gnambros ». C’est un autre monde à Adjamé. Le Maire reçoit les transporteurs, il reçoit tout le monde. Mais à Adjamé, le transport a besoin d’une solution vigoureuse. Après la réflexion, je vous rassure, nous allons attaquer la gare et ça sera une gare moderne, une gare avec la sécurité et toutes les commodités que vous pouvez imaginer. Sinon aujourd’hui, on avoue que la gare routière ressemble à tout sauf une gare. Mais, on va s’atteler à résoudre ce problème d’insécurité.

CIVNEWS.NET : Est-ce qu’on peut penser qu’avec le Maire FARIKOU, Adjamé va revêtir de nouveaux habits ?

  • Oui ça fait partir de son slogan « Un Adjamé nouveau ». Je pense que vous êtes venus, vous avez vu les locaux de la mairie qui brillent. Jugez-en vous-mêmes. On devrait assainir la mairie, et offrir aux employés les conditions idoines de travailler. Aujourd’hui c’est fait.  Maintenant nous sommes en train de nous attaquer au boulevard Nangui Abrogoua. Demain ce seront la ville et la population dont la gare routière d’Adjamé. Nous avons beaucoup de projet pour Adjamé. C’est pourquoi la population d’Adjamé nous a fait confiance. Une confiance que nous allons nous employer à respecter et à honorer.

Quant au boulevard Nangui Abrogoua, je vous donne rendez-vous dans trois mois, pour tirer les leçons de cette opération d’envergure.

Interview réalisée par G.K et Céline ADJE

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