CÔTE D’IVOIRE/YOPOUGON GESCO : le parcours du combattant des étudiants pour rejoindre l’université de Cocody faute de ligne directe SOTRA.


Les réveils matinaux, la longue attente de chaque matin pendant la rentrée scolaire et estudiantine, des plaintes, des injures, le découragement… C’est dans cette frustration que les usagers de la ligne 34 de la gare de Yopougon Gesco, à l’Ouest d’Abidjan, baigne au quotidien ? Et quand ils sont étudiants désirant relier l’université de Cocody, c’est la croix et la bannière quand viennent s’ajouter les irrégularités des bus de la SOTRA.


Gesco, une périphérie de la commune de Yopougon située à l’Ouest et à l’entrée de la capitale économique par l’autoroute de Nord.

Avec une population nombreuse du fait de sa situation géographie (Zone industrielle), Gesco fait partir des quartiers qui regorgent plusieurs types de nationalité. Notamment celles de la CEDEAO dont les Burkinabès, Maliens, Nigérians etc…

L’insécurité, certes, est un autre souci majeur à Abidjan, mais à Gesco, ce phénomène prend une autre envergure et devient une urgence sociale dans ce quartier au point où les habitants se sont imposés un couvre-feu de fait à ne pas violer.

C’est de cette fournaise à contraintes que des centaines d’étudiants issus de cette zone partent tous les matins pour les différentes écoles et universités dans la zone Nord et Sur d’Abidjan.


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La seule ligne 34 qui prend son départ au corridor de la gendarmerie de la Gesco, relie ce quartier à la cité administrative du Plateau (centre des affaires), en passant par la gare Nord à Adjamé.

Si les passagers à destination du Plateau et de la gare Nord sont soulagés une fois à bord de cette mastodonte routière après de longues heures d’attente, les passagers à destination de la commune de Cocody, surtout les étudiants de l’Université de Cocody, sont contraints à une autre guerre de patience à la gare Nord. Et ce, nonobstant l’aiguille de la montre qui ne s’arrête pas de tourner.

Commence alors une autre bataille des nerfs. Comment éviter d’arriver en retard à l’université en même temps qu’il faut se plier à une longue attente des bus 81 ou 83 ? ‘’Inévitablement, nous sommes toujours en retard’’, fait savoir un étudiant abonné à ce circuit qui lui en impose chaque jour.

Face à cette misère quotidienne ” nous demandons à la Société de transport abidjanais (SOTRA), d’ouvrir une ligne directe reliant Gesco à l’Université de Cocody pour nous (les étudiants)”, déclare une jeune étudiante à un journaliste de CIVNEWS.

“Nous sommes obligés d’emprunter les minicars communément appelé “gbaka” pour nous rendre à l’université. Une situation difficile pour les étudiants dont les parents n’ont pas suffisamment de moyens”, ont confié d’autres étudiants.

” Les cartes de bus dont nous disposons ne nous servent plus à rien. Vu que nous sommes obligés de dépenser au moins 1000 FCFA par jour dans nos déplacements, parce que nous voulons arriver à l’heure dans nos différents établissements”, déplore Jean Yves à l’UFR des sciences juridiques.

Ils ont aussi fait savoir qu’à cause de ce phénomène qui perdure d’année en année, bon nombre de “nos camarades ont dû abandonner les cours quand d’autres sont anxieux le soir venu, en pensant à demain”, déclare amer Ambroise Yapo en année de licence, obligé de retourner en famille que chaque deux jours.

Il faut saluer tout en notant que, récemment, trois nouvelles lignes de la Sotra ont été ouvertes à la Sicogi « Lavage », afin de déguerpir le nid des présumés syndicats appelés « gnambros », en dépit de la ligne 85 qui fait un direct au campus de Cocody.

A Gesco, l’angoisse demeure et les usagers s’interrogent : cette nouvelle année académique 2019-2020 qui s’ouvre sera-t-elle la même avec son cortège de défis à relever ? Les étudiants de Gesco espèrent que la SOTRA viendra les reconforter en ouvrant des lignes directes sur l’Université de Cocody.

Il faut souligner qu’en Côte d’Ivoire, le taux de chômage affiche 72% contre 57% de taux de pauvreté, « vivement que quelque chose soit fait afin d’éviter à des étudiants d’abandonner les cours », plaide Jean Jacques qui sait comment il est pénible de voir ses amis d’amphi et de quartier tout abonner.


Hermann KOFFI

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