CÔTE D’IVOIRE/ARRÊT DU CHAMPIONNAT DE FOOTBALL: Roger Ouégnin dit ses quatre vérités à la FIF et à Sory Diabaté qu’il qualifie de ‘’menteur’’


Colombo est le nom que les actionnaires lui ont donné en comparaison de l’inspecteur Colombo qui trouve toujours les raisons de la faille dans le film mythique au cinéma. Et pour cause.

Après l’arrêt du championnat national de football, les raisons avancées par la fédération ivoirienne de football (FIF) peine à cacher le soleil par les doigts de la main. Alors que la fédération semble justifier cet arrêt par un calendrier international des éléphants, Me Roger Ouégnin lève le lièvre des licences impayées des footballeurs ivoiriens et invite Sory Diabaté à « arrêter de se mirer dans l’à peu-près avec satisfaction, heureux de se croire parmi les moins mauvais ; au risque de voir s’effondrer ce qui a été construit avec tant de vaillance et de sacrifices, par d’autres ». Non sans charger « le football ivoirien est gouverné par un Comité Exécutif de la FIF qui ment sans vergogne à longueur de journée et qui fait des choix en dépit du bon sens, c’est toute la filière économique du football qui est mise en danger. C’est pourquoi un changement urgent est indispensable ».


CI-DESSOUS L’EDITORIAL DE Me ROGER OUEGNIN PARU DANS L’HEBDOMADAIRE DU CLUB ASEC MIMOSAS


« Une filière économique en danger !

Nous avons lu cette semaine dans la presse nationale le compte-rendu de la mission d’information et de partage d’expérience menée en France et conduite par le Ministre de la Promotion des Petites et moyennes entreprises, Monsieur Felix ANOBLE, pour étudier l’opportunité de la création en Côte d’Ivoire d’une filière économique du sport portée par les PME ivoiriennes. Cette information a particulièrement retenu notre attention en ce que nous sommes convaincus que le sport est une activité économique à part entière pourvoyeuse de nombreux emplois dans le monde actuel. Longtemps considéré comme un jeu et pas pris très au sérieux par les décideurs, il est heureux de voir que le sport commence à être vu comme une terre d’opportunités.

Ce secteur d’activité est générateur de milliers d’emplois, que ce soit les sportifs eux-mêmes et leurs encadrants mais encore plus largement, tous les services existant dans une PME, qu’il s’agisse des métiers de comptabilité, de ressources humaines, d’administration mais plus largement encore avec les métiers spécifiques liés à la médecine du sport, au journalisme sportif, ou encore à l’enseignement ou à l’entretien des aires de jeu. De nombreux pays l’ont bien compris et investissent depuis longtemps dans ce secteur, pas seulement au niveau du sport de compétition mais également en tant qu’activité de loisirs et de bien-être pour la santé des populations.

Avec plus de 150 personnes employées par notre club, l’ASEC Mimosas a depuis longtemps pris le virage de la professionnalisation en incluant les 2 volets cités ci-dessus (Haut niveau et loisir). Structurée et organisée comme une PME, notre association dispose en son sein de tous les services indispensables à une bonne gestion (Comptabilité, Ressources Humaines, Administration, Commercial, Médical, Moyens généraux, Communication, Restauration …).

Pour voir cette filière prendre son essor, plusieurs axes sont essentiels à développer. La formation des acteurs bien évidemment, mais aussi la fixation d’un cadre propice et attractif à l’investissement. Ainsi, le rôle des instances dirigeantes est primordial pour inciter les investisseurs privés à s’intéresser au sport ivoirien. En ce qui concerne le football dont l’actualité est remplie chaque jour d’informations sur les millions d’Euros investis dans ce secteur d’activité, on observe que malgré l’énorme potentiel dont dispose notre pays en matière de joueurs et de passion pour ce sport, peu d’investisseurs font le pas. L’attractivité est bien sur économique mais elle est également très liée à la confiance des investisseurs dans la gouvernance et le respect des règles. Certains évènements intervenus ces derniers jours sur la planète du football ivoirien, qui s’ajoutent à tous ceux que nous dénonçons depuis des mois, sont des signaux négatifs et constituent des barrières pour les investisseurs.

L’absence de confiance envers la Fédération Ivoirienne de Football vient en grande partie du fait que ses dirigeants ne cessent, depuis maintenant 8 ans, de raconter des contrevérités, sans aucun scrupule. A ce stade, nous sommes dans l’obligation de revenir sur les problèmes soulevés ces derniers jours car nous avons eu droit cette semaine à deux réponses contradictoires de la part de deux des principaux dirigeants de ces institutions (Le Président de la Ligue Professionnelle de Football et le Directeur Exécutif de la FIF), ce qui traduit la confusion totale qui y règne.

1) Sur la question du calendrier :

a. Les clubs de Ligue 1 ont reçu le lundi 9 septembre 2019, un courrier du Directeur Exécutif de la FIF daté du 5 septembre 2019 qui indique :
« Madame et Messieurs les Présidents, Lors de la rentrée sportive 2019/2020, nous vous avons communiqué un calendrier prévoyant les 4ème et 5ème journées
respectivement les 14 et 21 septembre 2019 ». Il poursuit en écrivant qu’en raison « d’un réaménagement des dates au niveau de la CAF » et de l’organisation du
« tournoi UFOA réservé à l’équipe du CHAN », « il n’est pas envisageable d’organiser des matchs de Ligue 1 sur cette période ».

b. Le lendemain, mardi 10 septembre 2019, le Président de la Ligue Professionnelle de Football a expliqué, dans une interview publiée par le quotidien « Le Sport»,
« que ceux qui » ont soulevé le problème de l’arrêt de la Ligue 1 pendant 6 semaines « ne comprennent rien au football ». Il poursuit : « Chaque année avant de
commencer le championnat, nous faisons une réunion de championnat avec les clubs de Ligue 1. Au cours de cette réunion de rentrée, nous donnons le calendrier
général. Cette année, le calendrier général comprenait un arrêt de championnat à partir de la 4ème journée. Tenez-vous bien, tous les dirigeants des 14 clubs étaient
présents à cette réunion et nous avons dit aux dirigeants des 14 clubs que nous allons connaître un arrêt à partir de la 4ème journée pour reprendre le 25 octobre,
selon le calendrier de la CAF ».

c. Ainsi, vous noterez que les propos de ces deux dirigeants se contredisent sur ce qui a été dit à la même réunion de rentrée sportive : selon le Directeur Exécutif les
4èmes et 5èmes journées avaient été annoncées pour les 14 et 21 septembre 2019 tandis que pour le Président de la Ligue Professionnelle, la Ligue 1 devait connaître
une interruption après la 4ème journée.

Effectivement, nous ne comprenons rien, non pas à la gestion du football que nous pratiquons depuis bien plus longtemps que lui, mais plutôt à l’incohérence de la
politique du Comité Exécutif actuel de la FIF.

2) Sur la question des licences :

En ce qui concerne les licences, M. Sory DIABATE explique qu’il n’y a aucun problème en réalité et qu’il s’agit avant tout d’un problème technique que connaitraient
d’autres fédérations africaines comme le Sénégal ou le Cameroun. Ce que l’on ne pourra pas enlever à ce monsieur est son toupet ! Il a des réponses, fussent-elles les plus
farfelues, à toutes les interrogations. Cependant, comme tout le reste, c’est ARCHI-FAUX. La Fédération Sénégalaise de Football nous a confirmé qu’elle travaille avec
NARSIL Technology, paie régulièrement ses factures et que son système n’est pas du tout bloqué actuellement. Quel culot d’associer des Fédérations sœurs à ses déboires.
Heureusement que la honte ne tue pas !

En réalité, sur cette question comme sur toutes les autres, ce que nous reprochons au Comité Exécutif de la FIF est de deux ordres :
– Il ment en disant que les raisons de ce blocage sont d’ordre technique alors que nous savons qu’il est dû à des impayés de la part de la FIF auprès du prestataire tunisien,
– Il a fait le pire des choix en continuant de travailler avec ce prestataire alors qu’un système plus performant et offrant plus d’avantages a été mis à la disposition des fédé
rations par la FIFA depuis 2016.

Dans ce contexte où le football ivoirien est gouverné par un Comité Exécutif de la FIF qui ment sans vergogne à longueur de journée et qui fait des choix en dépit du bon sens, c’est toute la filière économique du football qui est mise en danger. C’est pourquoi un changement urgent est indispensable, pour arrêter de se mirer dans l’à peu-près avec satisfaction, heureux de se croire parmi les moins mauvais ; au risque de voir s’effondrer ce qui a été construit avec tant de vaillance et de sacrifices, par d’autres.



Par Maître Roger OUÉGNIN

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