BOUAKE/AFFAIRE MANGOUA : La condamnation du président du Conseil régional du Gbêkê étape après étape et l’ambiance électrique de Bouaké Comme si vous y étiez


Six heures d’Horloge : C’est le temps qu’a duré le procès en correctionnel du président du Conseil régional du Gbêkê, Jacques Mangoua et sanctionné par une condamnation de 5 ans de prison avec 5 millions F d’amende et 5 ans de privation de droit.  Le tout dans une ambiance surchauffée que CIVNEWS vous fait revivre.


Après sa garde de vue de 3 jours, le week-end dernier, et sa mise en état d’arrestation, le lundi 30 septembre, le président du Conseil régional de Gbèkè et vice-président du Pdci-Rda, Jacques Mangoua, a comparu jeudi 3 octobre 2019, devant le Tribunal de 1ère instance de Bouaké, sous mandat de dépôt et ce, suite à la découverte d’armes à son domicile villageois de N’guessankro, dans le département de Béoumi.

De 11H 15 à 17H 21mn, il aura fallu plus de 6H d’horloge pour que le tribunal présidé par la juge Afian Adou scelle le sort de Jacques Mangoua, reconnu coupable et condamné à 5 ans de prison ferme avec 5 autres années de privations de droits civiques, le tout assorti d’une amende de 5 millions FCFA. La présidente du Tribunal de 1ère instance de Bouaké aura suivi jusqu’au bout le réquisitoire du procureur Koné Brahman qui aura été sans équivoques.


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Retour sur un procès tendu. On retiendra que ce fut finalement un procès très tendu, tant les débats entre ministère public et la défense ont été houleux, et l’atmosphère hors de la salle d’audience émaillée de violences. C’est depuis 4H du matin, que les forces de sécurité ont  pris d’assaut les artères du quartier des affaires quadrillant toutes les rues du quartier commerce.

Les populations venues de plusieurs contrées de la région pour soutenir Jacques Mangoua ont manifesté devant les locaux du tribunal pour exiger sa libération. “Libérez Mangoua ! On veut Mangoua ! “, pouvait-on entendre. Cette ambiance de protestation a duré jusqu’à l’ouverture des premières audiences aux environs de 10H. Le prévenu a fait son entrée en salle à 11H.

Habillé dans une chemise manche longue de couleur blanche et d’un pantalon bleu nuit, le président du Conseil régional de Gbèkè a pris place non loin de ses avocats représentés par Maitres Brou Siméon, N’dri Claver et le Bâtonnier Adjé Luc.

C’est à 11H15mn que la présidente du tribunal a ouvert les assises. Les témoins Kouakou Yao Laurent, le concierge du prévenu, Mangoua Koffi Ervé, le chef de tribu, et Amani Kouassi Moise, chargé de mission du prévenu, ont tour à tour défilé à la barre pour y subir un interrogatoire du ministère public et de la Cour. Chacun a tenté de se dédouaner en témoignant sur les faits. L’exposé des motifs et les réquisitions livrées par le procureur Koné Brahman indiquent que ce dossier est une infraction matérielle pour le parquet.

Mieux, le procureur reconnait que c’est peut-être la qualité du prévenu, président de Conseil régional et leader politique, qui a amené la presse a fait écho de cette affaire. Le procureur a indiqué que le prévenu est passible d’une condamnation, selon l’article 5 de la loi. « Tant que M. Mangoua n’apporte pas les preuves de la détention des armes, le délit est constitué », soutiendra le procureur.

Au regard de ce qui précède, le procureur a déclaré que le prévenu coupable avec en répression 5 années, 5 millions FCFA d’amende avec 5 années de privation de droit et ordonne la restriction des objets retrouvés tout en le condamnant au dépend. Après ce réquisitoire virulent du procureur, la défense du prévenu est passé à la plaidoirie.

Le Bâtonnier Adjé Luc a dénoncé une violation du Code de procédure civile sur le cas de flagrance délit et des faits omis, tout en dénonçant une faiblesse de l’accusation avant de demander à la présidente du tribunal de revoir sa copie. Me N’dri Claver a battu en brèche les arguties du procureur.

 « Lorsque le procureur ne peut pas démontrer une infraction, c’est que l’infraction n’existe pas. Le procureur a dit qu’il y a 12 chambres au sein de la résidence. Si M. Mangoua voudrait cacher l’information, il pourrait aller mettre ces armes dans une de ses chambres », a défendu l’avocat, avant de plaider auprès de la juge d’accorder le bénéfice du doute à son client.

Des peines lourdes. Toutes ces différentes plaidoiries n’ont pas ému la juge Afian Adou qui a préféré suivre le procureur Koné Brahman. Ainsi, la Cour a décidé de condamner lourdement le président du Conseil régional de Gbèkè à 5 ans de prison ferme avec 5 autres années de privations de droits civiques, le tout assorti d’une amende de 5 millions FCFA. Et le président du Conseil régional de Gbèkè n’était pas seul. Son chargé de mission, Amani Moise, à quant à lui pris 6 mois de prison assorti d’une amende de 200.000 F.

Encadré : Bouaké sous haute tension, hier

L’ambiance dans toute la région de Gbèkè était très électrique ce jeudi. En cause, le procès de Jacques Mangoua. En tant qu’autorité politique de premier plan, il est le Vice-président de son parti, le Pdci-Rda, chargé de cette zone, et président du Conseil régional de Gbèkè, incluant les départements de Bouaké, Sakassou, Béoumi et Botro, ses partisans, comme un seul homme, sont descendus dans les rues pour protester contre le traitèrent judiciaire qui lui est réservé dans cette affaire. Le 1er acte de cette protestation, c’était devant les locaux même du tribunal de Bouaké. Jeunes, femmes, vieux, chefs traditionnels, en tenues d’apparat, étaient là avec des pancartes et des slogans pour dénoncer l’arrestation du président Mangoua. ‘’On veut Mangoua ! On veut Mangoua !’’, criaient-ils à tue-tête.

 Le 2è acte, c’est que toutes les voies d’accès à la ville de Bouaké ont été coupées dans les villages des différents départements en guise de protestation. Ainsi, la voie internationale Yamoussoukro-Bouaké qui passe par Djébonoua a été coupée, obligeant les véhicules en partance pour la capitale du Centre à s’immobiliser sur le côté. C’était de longues colonnes de voitures qui ne pouvaient ni sortir de Bouaké, ni y entrer. Idem sur l’axe Bouaké-Béoumi et Bouaké-Botro. Il a fallu une intervention énergique des forces de l’ordre pour rétablir la circulation. Vers une certaine heure, 2 hélicoptères de combat MI-24 de l’armée de l’air étaient visibles dans l’espace aérien de la région. Ils ont tournoyé pendant de longues minutes avant de repartir.


JK

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